Présentation du Taiji Quan (Tai Chi Chuan), du Xingyi Quan, du Bagua Zhang et de la Self-Défense
Qu’est-ce que le Taiji Quan (Tai Chi Chuan) 太极拳 ?
Le Tàijí Quán 太极拳 (Tai Chi Chuan) ou « Boxe du Faîte Suprême » est avec le Bāguà Zhǎng 八卦掌 ou « Paume des 8 Trigrammes », le Xíngyì Quán 形意拳 ou « Boxe de la Forme et de l’Intention » et le Liùhébāfǎ Quán 六和八法拳 ou « Boxe des 6 Combinaisons et des 8 Méthodes », un art de combat classé dans la catégorie des arts dits « internes » (Nèi内) ou « souples » (Ruăn 软).
Son origine, quelque peu obscure, remonte au mieux au XIIe-XIIIe siècles environ. La tradition fait remonter sa création au moine taoïste Zhāng Sānfēng 张三丰 qui aurait vécu sur les montagnes de Wŭdāng 武当 aux alentours du XIIIe siècle sous la dynastie des Sòng du Sud (Nán Sòng Cháo 南宋朝) qui régna en Chine entre 1127-1279.

Le moine taoïste Zhāng Sānfēng 张三丰
On compte de nombreux styles de Tàijí Quán 太极拳. Les plus connus sont :
- Le style Chén 陈 du maître Chén Wángtíng 陈王廷 (1587-1664)
- Le style Yáng 揚 du maître Yáng Lùchán 揚露禪(1799-1872)
- Le style Wŭ Hăo des maîtres Wŭ Yŭxiāng 武禹襄 (1812-1880) et Hăo Wéizhēn 郝為真 (1842-1920)
- Le style Lĭ du maître Lĭ Yìyu 李亦畬 (1831-1892)
- Le style Wú Jiàn 吳鉴 du maître Wú Quányòu 吳全佑 (1834-1902)
- Le style Sūn 孫 du maître Sūn Lǜtáng 孙綠堂 (1860-1932)
- Le Wŭdāng Tàijí Quán 武当太极拳 ou Tàijí Quán des monts Wǔdāng
La pratique du Tài Jí Quán au sein de Yăng Shēng 養生

Pratique du Tàijí Quán - La Posture du Simple Fouet (Dan Bian)
Yăng Shēng 養生 structure l’apprentissage et l’approfondissement du Tàijí Quán à partir d’un programme en 12 niveaux correspondant à 12 grades :
- 4 grades de base (1e Ji, 2e Ji, 3e Ji et 4e Ji)
- 8 grades avancés (du 1e au 8 Pin)
Le premier style étudié est le style Yáng 揚. Puis, vient peu à peu l’étude des styles Chén 陈, Sūn 孫, le Wŭdāng Tài Jí Quán 武当太极拳 et le style Zhāng Sānfēng 张三丰.
Le Tài Jí Quán au sein de Yăng Shēng 養生 c’est ainsi un travail
- à main nue
- avec armes traditionnelles (bâton, épée, sabre, lance, hallebarde, éventail, fouet de Wŭdāng, armes de jets, etc.)
- des « Poussées de mains » (Tui Shou)
- à la balle de Taiji (Taiji Qiu)
- au bâtonnet de Taiji (Taiji Bang)
- des applications martiales
- au combat libre (San Shou)
- au Qigong du Tàijí Quán, etc.
Qu’est-ce que le Xingyi Quan 形意拳 ?
Le Xíngyì Quán 形意拳 ou « Boxe de la Forme et de l’Intention » est avec le Tàijí Quán 太极拳 ou « Boxe du Faîte Suprême », le Bāguà Zhǎng 八卦掌 ou « Paume des 8 Trigrammes » et le Liùhebāfǎ Quán 六和八法拳 ou « Boxe des 6 Combinaisons et des 8 Méthodes », un art de combat classé dans la catégorie des arts dits « internes » (Nèi 内) ou « souples » (Ruăn 软).
Comme pour le Tàijí Quán, son origine remonte au mieux aux alentours des XIIe-XIIIe siècles. La tradition fait remonter sa création au général Yuè Fēi 岳飞 (1103-1142) qui vécut sous la dynastie des Sòng du Nord (Běi Sòng Cháo, 北宋朝 qui régna en Chine entre 960-1127.

Le Général Yuè Fēi 岳飞 (1103-1142)
Les styles ou « branches » de Xíngyì Quán
On compte plusieurs styles ou « branches » de Xíngyì Quán. Les plus connues sont :
- La « branche » originelle de la province du Shānxī issue du maître Jī Jìkě 姬际可 perpétuée à travers les maîtres Cáo Jìwŭ 曹继武 et Dài Lóngbāng 戴龙邦, puis à travers les maîtres Chē Yìzhāi 車毅齋 (1833-1914) et Sòng Shìróng 宋世榮 (1849-1927)
- La branche musulmane de la province du Hénán qui se perpétua à travers l’enseignement du maître Mă Xuélĭ 马学礼
- La branche de la province du Hébĕi qui se perpétua à travers l’enseignement du maître Lǐ Luònéng 李洛能 (1802-1890), puis des maîtres Guō Yúnshēn 郭雲深 (1820-1903), Sūn Lùtáng 孫祿堂 (1861-1933) et Chŭ Gùitíng 储桂亭 (1890-1977)
La pratique du Xíngyì Quán au sein de Yăng Shēng 養生
Pratique du Xíngyì Quán - Posture de San Ti Shi
Le style étudié est le style issu de la branche du Hébĕi qui nous est parvenu par la lignée des maîtres :
- Chŭ Gùitíng, Wang Jizhen et Liang Chaoqun
- Sūn Lùtáng, Sūn Jianyun et Deng Fuming (3e génération du style Sūn de Xíngyì Quán)
Qu’est-ce que le Bagua Zhang 八卦掌 ?
Le Bāguà Zhǎng 八卦掌 ou « Paume des 8 Trigrammes » est avec le Tàijí Quán 太极拳 ou « Boxe du Faîte Suprême », le Xíngyì Quán 形意拳 ou « Boxe de la Forme et de l’Intention » et le Liù Hé Bā Fǎ Quán 六和八法拳 ou « Boxe des 6 Combinaisons et des 8 Méthodes », un art de combat classé dans la catégorie des arts dits « internes » (Nèi 内) ou « souples » (Ruăn 软).
Probablement le plus ésotérique des arts de combat internes, le Bāguà Zhǎng 八卦掌 dérive d’écoles anciennes dont les fondements trouvent leur origine tant dans la lutte chinoise (Shuai Jiao), que dans le Xing Yi Quan, le Tan Tui ou « Jambe élastique », ou encore les boxes du courant Chang Quan ou « Boxe Longue » du Nord de la Chine.
Caractéristiques fondamentales du Bāguà Zhǎng 八卦掌
Comme son nom l’indique, le Bāguà Zhǎng est un art de combat dans les fondements reposent sur les « Huit Trigrammes » (Bagua) du « Livre des Mutations » (Yi Jing). Il repose notamment sur une succession de mouvements de la main ouverte exécutée en solo et en se déplaçant sur la circonférence d’un cercle imaginaire de 3 mètres de diamètre. Il convient donc de reproduire avec le corps, et particulièrement avec la paume des mains, 8 Trigrammes composées de trois traits continus (Yang) ou discontinus (Yin) correspondant aux trigrammes :
1 - Qian = « Ciel ou Créateur »
2 - Dui = « Lac / Nuées / Marais / Eau stagnante »
3 - Li = « Soleil / Feu »
4 - Zhen = « Tonnerre / Éveilleur »
5 - Xun = « Vent / Mobilité »
6 - Kan = « Rivière / Insondable / Eau courante »
7 - Gen = « Montagne / Immobilité
8 - Kun = « Terre / Réceptivité »

Diagrammes du Bagua dits du "Ciel Antérieur" (à gauche) et du "Ciel Postérieur" (à droite)
Diagramme du "Pas de Yu"
- les "Couteaux des Canards Mandarins" (Zi Wu Yuan Yang Yue) encore appelés "Couteaux en Double Lune" (Shuang Yue Dao) ou "Couteaux Cornes de Cerf" (Lu Jiao Dao). Elle est l'arme par excellence du Bagua Zhang. Il est dit que Dong Hai Chuan en fit la trouvaille à son arrivée à Pékin. Il trouva cette arme particulièrement intéressante et en développa l'utilisation au combat pour plusieurs raisons majeures : très peu encombrante, donc facilement dissimulable, elle est d'une très grande maniabilité et possède un large éventail de techniques utilisables contre de très nombreuses autres armes (épée, sabre, lance, bâton, etc.).

- les "Pinceaux du Jugement" (Pan Guan Bi)

- les Épées Faucilles (Gou Lien Jian)
- les "Pointes en Griffes de Coq" (Ji Zhua Rui)

- les "Roues Vent et Feu" (Feng Huo Lun)
- le Grand Sabre - long d'1m40 (Da Dao)

En fait, ce comportement est plus un symbole qu’une manière de combattre et l’on y retrouve l’éternelle quête de l’homme : celle de son identification à l’Univers et à ses lois. En cherchant à imiter le plus exactement possible la nature où tout est mouvement fluide et perpétuel, l’homme vise la découverte de sa vraie nature, celle du Dao. Voici ce qu’écrit le maître Sun Lu Tang au sujet de cet art :
L’art des Huit Trigrammes se matérialise dans les multiples mutations qui ne connaissent aucune limite. Toutefois, ces mutations ne peuvent être séparées des Huit Trigrammes des « Quatre Manifestations » ou Si Xiang, c’est-à-dire celui du Grand Yang (Sud), du Petit Yang (Est), du Grand Yin (Nord) et du Petit Yin (Ouest).
Ces « Quatre Manifestations » ne peuvent, à leur tour, être séparées des « Deux Phénomènes » ou Liang Yi, c’est-à-dire l’Ancien Yang et l’Ancien Yin.
Les « Deux Phénomènes » ne peuvent, à leur tour, être séparées de la pulsion du Qi unique (Taiji) du Vide originel (Wuji), lequel est dépourvu de signes matériels.
La compréhension de ceci au travers de la pratique permet, bien qu’utilisant le corps, de parvenir à l’oublier. Celui qui parvient à atteindre cet état est capable de voir sans regarder, d’entendre sans écouter, de palper sans toucher, d’opérer des changements sans bouger, de triompher sans intervenir.
Ceci est l’art de penser sans avoir d’idée, d’agir sans se contraindre et c’est là que consiste l’obéissance de l’homme au Tao. Cet art du poing est donc l’incarnation du principe créateur du Tao.
En étudiant et en pratiquant le Ba Gua Zhang, nous avons pour but de consolider notre santé en suivant les règles exposées sans violer les principes de la nature (Ziran). Ce faisant, on acquiert le savoir faire de l’auto-défense et l’on en retire un grand profit pour préserver son intégrité. Cela permet peu à peu d’aboutir à la compréhension de la meilleure méthode de transformation (Hua) de l’Esprit (Shen), et finalement de permettre à cette pratique d’exercer une influence sur le cours des événements eux-mêmes.
Les styles de Bāguà Zhǎng 八卦掌
On compte aujourd’hui de nombreux styles de Bāguà Zhǎng. Les 5 plus fameux sont :
- Le style Cheng Bāguà Zhǎng issu du Me Chéng Tíng Huá (1848-1900)
- Le style Yin Bāguà Zhǎng issu du Me Yin Fu (1841-1909)
- Le style Yin Yang Bāguà Zhǎng
- Le style des monts Emei (Emei Bāguà Zhǎng)
- Le style des monts Wŭdāng (Wŭdāng Bāguà Zhǎng)
De nombreux autres styles dérivent de ces 5 premiers. Parmi les plus importants, on compte :
- Le style Sūn Bāguà Zhǎng issu du Me Sūn Lù Táng (1861-1933)
- Le style Xíng Yì Bāguà Zhǎng issu du Me Zhang Zhao Dong (1841-1909)
- Le style Ma Bāguà Zhǎng issu du Me Ma Wei Qi (1853-1940)
- Le style Song Bāguà Zhǎng issu du Me Song Chang Rong (1848-1900)
- Le style Liu Bāguà Zhǎng issu du Me Liu Feng Chun (1853-1922)
- Le style Gao Bāguà Zhǎng, issu du Me Gao Yi Sheng (1866-1951), etc.
La pratique du Bāguà Zhǎng au sein de Yăng Shēng 養生

Pratique du Bāguà Zhǎng - La marche en cercle (Zou Quan)
Les styles étudiés au sein de Yang Sheng sont :
- le style Chéng issu du maître Chéng Tíng Huá (1848-1900)
- le style Sūn issu du maître Sūn Lù Táng (1861-1933), lui-même disciple du Me Chéng Tíng Huá

Qu’est-ce que la Self-Défense ?
La Self-défense ou « Auto-défense » est un système de défense dont les techniques de combat reposent sur la capacité, en cas d’agression, à savoir se protéger, et si nécessaire, en maîtrisant à la fois son adversaire et… sa propre peur. Le tout à partir de gestes simples, rapides et efficaces permettant de laisser une marche de manœuvre qui fera la différence.
Toute la self-défense tient en 5 mots : « Se mettre hors de danger ». L’objectif est donc autant que possible d’éviter le danger plutôt que de foncer dedans.
Les techniques de Self-défense ont ainsi pour objectif d’apprendre à quiconque à :
- éviter les situations dangereuses (« Le Sage ne se trouve jamais sur le lieu de combat »)
- se protéger et, le cas échéant, à protéger les autres grâce à des techniques simples et expéditives
- être efficace sur tous les publics, que nous soyons un homme, une femme, voire un enfant
- gérer notre peur afin de réagir de la manière la plus appropriée à la situation
- rester dans le cadre de la loi qui, en France, régit la protection des biens et des personnes, notamment l'article 122-5 du Code Pénal
- Enfin, ne jamais perdre de vue que SEULE compte la sauvegarde de notre intégrité physique
La pratique du Self-défense au sein de Yăng Shēng 養生
Elle est destinée à un public masculin ou féminin, sans distinction. Elle repose principalement sur l’application concrète de techniques de combat issues de la boxe de Shàolín, des boxes internes du Tài Jí Quán, Bā Guà Zhǎng et Xíng Yì Quán, utilisant différents outils comme les clés et immobilisation (Qínná), les techniques de lutte chinoise et de projections (Shuāi Jiāo) ou encore l’attaque des points vitaux (Dimmak ou Diăn Xuè).



